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DOUARA…MANIA

DOUARA…MANIA

Les humeurs de Didije

Pas de sacrifice cette année, mais une fièvre inattendue autour de la douara. Messages WhatsApp en, boucheries en panique, l’Aïd 2025 a pris une tournure… viscérale


Pas de sacrifice pour l’Aïd 2025. Décision sage, claire et sensée. Sauf que voilà, on n’a pas pu s’empêcher de remplacer le vide. Résultat ? Tripes fever. Depuis quelques semaines, la douara est devenue la denrée la plus recherchée du pays.

On est passé de : « Allô, t’as trouvé un mouton pas trop cher ? » à « Frère, t’as un plan douara ? ».

On dirait une compét’ à grande échelle.

Des familles ont payé jusqu’à 1000 dirhams pour quelques boyaux à l’état brut. Pas vidés, pas lavés, pas cuits. Rien.

Depuis, des boucheries tournent en mode Breaking Bad. Le boucher de ma cousine a fermé boutique, éteint son téléphone et pris une semaine de vacances.

Out of nowhere, j’ai reçu une notif’ sur WhatsApp :

« Urgent. Douara dispo ».

Pas de bonjour. Pas de nom. Même pas un émoji (et en même temps je me demande à quoi il aurait ressemblé). J’ai bloqué direct. Au salon de coiffure, même ambiance surréaliste. Entre deux brushings, j’ai entendu dire qu’un mec à Dar Bouazza faisait la livraison à domicile.

Donc si j’ai bien compris, cette année pas de mouton, mais une marmite qui sent fort, deux pois chiches qui flottent dans une sauce rouge et quelques viscères suffiront pour faire illusion.

Rappelez-moi, l’Aïd, normalement, c’est pas un tiers du mouton pour toi et deux tiers pour ceux qui n’ont pas les moyens ?

C’est ce qu’on m’avait appris au-delà du délire collectif autour d’un bout de panse.

Et si on ne mange pas de douara ce jour-là… il se passera quoi ? On va s’évaporer ? La maison va se décomposer ? Internet va couper ?

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En observant tout ça, je me dis que jamais je n’irai courir après un truc que je n’ai jamais su bien laver. Je préfère « tripper » autrement.

Et ce que je trouve fascinant dans cette histoire, c’est qu’on passe notre temps à nous plaindre que tout est devenu trop cher mais il suffit qu’on nous demande de ralentir un peu, pour qu’on accélère ailleurs. On se fabrique des rituels, on bidouille, on recrée le chaos et on troque ces pauvres bêtes contre leurs boyaux.

Sur les routes, j’en ai croisé des centaines, broutant une terre bien verte.

Tranquilles.

Ils doivent nous regarder courir après leurs intestins et se dire : « On n’est pas encore sortis de l’abattoir. »


PS : Pour ceux qui ont réussi à trouver de la douara, on vous laisse découvrir notre recette marocaine à base de tripes. Et pour les autres : courage, vous n’êtes pas seuls.
👉 [Lire aussi : Recettes douara marocaines]

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Rédactrice en Chef à  | kdinia@gmail.com |  Plus de publications

Journaliste lifestyle, passionnée par l’histoire, le voyage et l'automobile, Khadija Dinia explore le monde à travers ses routes, ses hôtels et ses visages, toujours en quête de sens. Première femme à présider le COTY Maroc (Car of the Year), elle raconte le Maroc dans sa beauté, avec la conviction que savoir d’où l’on vient aide à mieux comprendre ce que l’on devient.

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