On a passé une partie de l’été à chercher du réseau et l’autre à essayer de l’oublier. Entre les deux, place aux retrouvailles. Certains se sont mariés. Beaucoup ont dansé. On a retrouvé des cousins, des copains, des visages perdus de vue depuis des années. Entre les deux, certains se sont mariés. Beaucoup ont dansé. On a retrouvé des cousins, des copains, des visages perdus de vue depuis des années. On a prolongé les dîners, oublié l’heure et remis au lendemain ce qui pouvait franchement attendre. Bref, on a fait ce que l’été sait encore de mieux. Nous retrouver.
Pendant ce temps-là, le monde, lui, n’a pris aucun congé.
Ceuta, le Népal, Gaza encore et toujours. La chaleur aussi. Celle qui nous a fait regarder 42 degrés sur nos téléphones comme si 39 était soudain devenu une bonne nouvelle. On a vu, lu, partagé, commenté, soupiré jusqu’à ce que quelqu’un crie « on mange ! » et là, les vacances reprenaient leurs droits.
On s’était perdus de vue
Beaucoup de mariages. De grandes tablées, des enfants qu’on avait laissés petits et qu’on retrouve avec une barbe ou des talons. Des cousins qu’on replace mentalement dans l’arbre généalogique avant d’aller les embrasser avec beaucoup d’assurance.
Et puis ceux qu’on n’avait pas vus depuis dix, quinze, parfois vingt ans. On se regarde deux secondes, histoire de mesurer discrètement ce que le temps a fait à l’autre (et éviter de penser à ce qu’il a fait de nous). Puis la conversation reprend exactement là où elle s’était arrêtée.
Dans cette époque qui parle autant d’intelligence artificielle, d’algorithmes et de vies numériques, l’été nous aura ramenés vers une technologie beaucoup plus ancienne.
Les gens.
Retrouvailles, drames, vacances… tout s’est mélangé
Une catastrophe. Swipe. La robe de mariée. Swipe. Une plage sublime. Une vidéo complètement idiote qui nous fait rire. Swipe. Et encore swipe.
Le monde entier tient dans une main et passe parfois en moins de quinze secondes. Et le plus dingue, c’est notre capacité à avoir le cœur serré devant une image et à rire deux minutes plus tard autour d’une table. S’inquiéter pour des victimes et choisir notre resto du soir. Parler de chaleur sous une climatisation réglée sur 19 degrés. Promettre de lâcher son téléphone puis le reprendre pour photographier un coucher de soleil alors qu’on était justement heureux de l’avoir oublié.
Nous sommes devenus très forts à ça.
Et pourtant, quand je repense à cet été et à toutes ces retrouvailles, ce ne sont pas les stories que je revois. Ce sont les gens et tout ce qui refuse encore de tenir dans un écran.
Retour à la connexion
Septembre arrive maintenant avec son agenda sous le bras et cette manie très agaçante de considérer que tout est urgent. On va reprendre les rendez-vous, les mails, les embouteillages, les « on se cale ça très vite » qu’on ne calera probablement pas. Et le monde continuera à défiler.
Finalement, cet été nous aura rappelé que l’on passe beaucoup trop de temps à vouloir rester connectés. Alors que les plus belles connexions n’ont vraiment pas besoin de Wi-Fi.
Journaliste lifestyle, passionnée par l’histoire, le voyage et l'automobile, Khadija Dinia explore le monde à travers ses routes, ses hôtels et ses visages, toujours en quête de sens. Première femme à présider le COTY Maroc (Car of the Year), elle raconte le Maroc dans sa beauté, avec la conviction que savoir d’où l’on vient aide à mieux comprendre ce que l’on devient.









