Derrière la comptine de Tikchbila Tiwliwla se cache une page de l’histoire. Si aujourd’hui cette chanson est fredonnée par des générations, ses origines remontent à une époque bien plus sombre : celle de l’expulsion des musulmans d’Espagne.
À la fin du XVe siècle, après la chute de Grenade en 1492, les musulmans d’Espagne furent contraints de se convertir au christianisme ou de quitter leurs terres. Ceux qui restèrent, appelés Morisques, furent persécutés et beaucoup avaient fui vers le Maroc et d’autres terres d’accueil. Selon les historiens et les folkloristes, Tikchbila Tiwliwla serait l’une des créations culturelles issues de cette diaspora.

Le message codé
Les paroles de la comptine, simples et rythmées, semblent être un jeu innocent. Pourtant, en les analysant de près, on découvre qu’elles racontent une histoire de souffrance et d’espoir.
- « Tikchbila » viendrait de « Trik Ishbiliyya », la route de Séville, une ville clé de l’Andalousie médiévale.
- « Tiwliwla » peut se traduire par « nous y retournerons », exprimant l’espoir d’un jour revoir la terre d’origine.
- « Ma ketlouni ma hyawni » (Ils ne m’ont ni tué ni laissé vivre) évoquent les conditions difficiles imposées aux musulmans, souvent piégés dans une existence entre persécutions et soumission forcée.
- « Dak l’kass li aatawni » (Ce verre qu’ils m’ont donné) ferait référence à l’obligation pour les musulmans convertis de boire du vin, un acte symbolisant leur assimilation forcée au christianisme.
De l’Andalousie au Maroc
Après leur arrivée au Maroc, les andalous ont enrichi la culture marocaine de leurs savoir-faire, de leur gastronomie et de leurs traditions musicales. Tikchbila Tiwliwla est l’un de ces héritages. La comptine a évolué au fil des siècles pour devenir une chanson populaire, perdant peu à peu sa charge historique.

La prochaine fois que vous entendrez cette chanson, souvenez-vous qu’ils racontaient une époque où l’espoir d’un retour à Séville brillait dans les cœurs.
Journaliste lifestyle, passionnée par l’histoire, le voyage et l'automobile, Khadija Dinia explore le monde à travers ses routes, ses hôtels et ses visages, toujours en quête de sens. Première femme à présider le COTY Maroc (Car of the Year), elle raconte le Maroc dans sa beauté, avec la conviction que savoir d’où l’on vient aide à mieux comprendre ce que l’on devient.
- Khadija Diniahttps://myluxurylife.ma/author/didije/
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