Pas de chrome superflu, pas de posture agressive. Le nouveau SUV de Citroën préfère la douceur, le confort et le sens. Comme un canapé qui roule, ou presque.
Moins de testostérone, plus de texture. Le nouveau C5 Aircross muscle ses lignes, travaille ses matières et installe ses passagers comme dans un loft. On l’a conduit, fait corps avec ses courbes, laissé parler le toucher. Derrière ce design qui cherche le confort, une femme. Kate Mouilleron !



Kate fait partie de ces designers pour qui tout part du geste. Ce que l’on touche, ce que l’on perçoit et ce qui reste en mémoire. On l’a rencontrée entre deux essais et quelques confidences pour comprendre comment une voiture peut encore parler d’émotion et d’équilibre.
Quel a été votre parcours avant de prendre part à ce projet ?
KATE MOUILLERON : Je travaille dans l’équipe de Pierre Leclercq depuis sept ans. Et ça fait trois ans que je suis sur ce modèle. Avant Citroën, j’ai aussi travaillé chez DS, et avant ça chez Bentley. Donc oui, je suis dans le design automobile depuis un bon moment… presque vingt ans maintenant !

Quand on vous écoute, on sent que l’inspiration ne vient pas que de l’univers automobile. Vous allez la chercher où, exactement ?
KATE MOUILLERON : Chez Citroën, on nous pousse à sortir du design automobile pur. Pierre Leclercq nous encourage à chercher ailleurs, dans le design produit, les objets du quotidien, ce qu’on touche et ce qu’on manipule tous les jours. L’idée, c’est de ne pas penser la voiture comme un simple objet roulant, mais comme une pièce de vie, un élément cohérent avec le monde qui nous entoure. Une voiture doit s’intégrer dans notre quotidien, pas en être coupée.
En quoi la transition électrique a t-elle changé votre manière de dessiner ?
KATE MOUILLERON : C’est fondamental. Avec l’électrique, on n’a plus besoin d’une grande grille à l’avant pour refroidir le moteur thermique. Ce simple changement technique libère énormément de choses. On peut redessiner complètement le “visage” de la voiture : les yeux, l’expression, la signature lumineuse. Mais surtout, ça change notre manière de travailler les proportions, les volumes, l’équilibre général. Sans cette contrainte, on peut rendre l’avant plus compact, plus épuré. Ça allège visuellement la voiture, ça modifie sa posture sur la route, sa dynamique perçue. L’électrique nous pousse à réinventer les codes esthétiques, mais aussi les codes émotionnels.

La signature lumineuse est justement très présente sur ce nouveau modèle.
KATE MOUILLERON : Oui, elle fait partie de notre langage visuel. Chaque modèle Citroën garde sa personnalité, mais tous partagent une même écriture. C’est ce qui nous permet d’avoir une famille cohérente, immédiatement reconnaissable. Sur ce C5 Aircross, la signature est forte, expressive, elle structure le regard. Et on est allés plus loin : on a enlevé le chrome. Ce n’est pas un détail. On a voulu revenir à quelque chose de plus essentiel, plus noble. Mettre en valeur notre nouvel emblème, le laisser respirer, exister, sans artifice.
À l’intérieur, l’approche est clairement orientée confort.
KATE MOUILLERON : C’est le cœur du projet. Le confort, pour nous, c’est une expérience sensorielle. Tout ce qu’on touche doit avoir une valeur. On travaille des textiles molletonnés, des textures chaleureuses, des contrastes doux. Les lignes sont continues, sans rupture, comme un trait qui ne s’interrompt jamais. Visuellement, ça apaise. Physiquement, ça invite à s’installer, à rester. On parle de “C-Zen Lounge”, et ce n’est pas un slogan. C’est notre manière de penser l’intérieur : comme un espace de déconnexion.





Et à l’extérieur ?
KATE MOUILLERON : Tout a été pensé pour l’aérodynamisme, mais sans renoncer au style. Les surfaces sont tendues juste ce qu’il faut, les volumes sont travaillés pour guider l’air avec fluidité. Et on est très fiers des feux arrière. Ils sont légèrement décollés de la carrosserie, comme suspendus. Sculptés, expressifs, ils donnent de la largeur à l’arrière, du caractère, de la présence. Mais ce ne sont pas juste des effets : ils participent à l’efficience de la voiture.
S’il fallait retenir un moment fort de ces trois années de développement ?
KATE MOUILLERON : Le salon de Paris, sans hésiter. On avait présenté le teaser avec ces feux arrière flottants. Beaucoup disaient « jamais ils ne les mettront en production ». Trop ambitieux, trop concept. Et on l’a fait. On les a gardés. C’était un pari, oui. Mais surtout, une grande fierté.
Journaliste lifestyle, passionnée par l’histoire, le voyage et l'automobile, Khadija Dinia explore le monde à travers ses routes, ses hôtels et ses visages, toujours en quête de sens. Première femme à présider le COTY Maroc (Car of the Year), elle raconte le Maroc dans sa beauté, avec la conviction que savoir d’où l’on vient aide à mieux comprendre ce que l’on devient.
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