Rien ne presse à Figuig… Dans cette ville pleine de vie et de mémoire, prenez le temps de marcher, d’observer et de ralentir.
Peu de gens voyagent jusqu’à Figuig (Ifigheghen berbère). Pourtant, cette oasis située à l’extrême est du Maroc semble sortie d’un rêve d’argile et de palmiers. Pas de monuments spectaculaires, mais un ensemble de maisons en pisé, de portes en bois, de niches d’ombre et de cours intérieures, réunis comme un puzzle qui tient par la terre et le temps.
Dans cette architecture organique, le regard glisse sur des lignes rugueuses. On se laisse guider par la lumière qui filtre entre les bâtisses, pour découvrir une vie qui s’organise dans une harmonie ancienne. Une harmonie que le temps n’a pas complètement effacée.





Sept ksour, sept histoires
Figuig s’est bâtie autour de sept ksour, chacun lié à un nom. Les Zénaga, Loudaghir, Oulad Slimane, El Maïz, Hammam Foukani, Hammam Tahtani et Laâbidate. Ces noms murmurés de génération en génération portent en eux une mémoire. Chaque ksar avait sa mosquée, ses ruelles, son rythme. Certes, il y avait des rivalités mais l’eau, les palmiers et les alliances maintenaient un équilibre discret entre les communautés.



L’oasis qui murmure à l’oreille du désert
Le matin, la lumière est pâle, presque blanche. À midi, la chaleur fait fuir les passants. Le soir, les volets se ferment un à un, les enfants rentrent, les ruelles se vident. Sur une marche, un vieil homme est là. Il regarde le soleil descendre entre deux minarets et nous confie :
“Ici, le silence a une histoire.”
Il faisait allusion aux maisons fermées, aux familles qui sont parties, aux visages absents mais présents dans les murs. Il évoquait un temps où l’oasis était plus animée. Il ne s’attarde pas. Il dit ce qu’il a à dire, puis rentre chez lui.

Pour comprendre Figuig, il faut remonter un peu plus loin
Pendant des siècles, Figuig a été un carrefour de caravanes, d’idées et de spiritualité. Les échanges allaient au-delà des montagnes. Aujourd’hui, on y croise des anciens en djellaba, parfois avec des turbans bien noués, des femmes en haïk blanc et des ados vissés à leurs téléphones. Deux générations, deux rythmes et une même histoire.
Figuig, entre sable et mémoire
On trouve des traces de Figuig dans les récits des géographes arabes dès le Xe siècle. Carrefour caravanier entre le Sahara, le Tafilalet et le Maghreb central, elle a longtemps été une étape sur les routes du commerce transsaharien. Les Figuiguis parlent tamazight, cultivent la date et pratiquent encore un système d’irrigation traditionnel, le foggaras, basé sur la gravité et l’entraide. Loin des grands axes, Figuig a gardé une âme collective, portée par la mémoire, la terre et l’eau.

On raconte qu’il a calmé les querelles sans lever la voix
Au IXe siècle, alors que les tribus se disputaient terre et prestige, Sidi Ahmed Ben Moussa El Barzouzi, venu de Barzouza près de Tlemcen, est apparu comme une paix incarnée. Il n’était ni chef de guerre ni juge, mais sa simple présence suffisait à faire taire les rancunes. Grâce à sa baraka, une trêve s’est dessinée, et le ksar de Loudaghir a pu voir le jour. Une zaouïa lui est d’ailleurs dédiée, modeste mais toujours debout, témoin d’une mémoire vivante. Depuis, son nom flotte dans les ruelles comme une bénédiction discrète — celle d’un homme qui a su réconcilier des mondes à force de lumière.

Carnet de voyage
y aller, dormir, manger
Figuig ne se visite pas, Figuig se mérite. Ceux qui prennent le temps de l’approcher repartent souvent avec autre chose : un rythme en tête, une lumière en mémoire et cette impression d’avoir touché un Maroc qui vit tranquillement, à l’écart du bruit.
Trois jours, c’est le bon format pour se caler sur le tempo de la ville et ici, les portes s’ouvrent grand quand on frappe doucement.
Jour 1 : Arrivée depuis Bouarfa, balade dans le ksar Loudaghir, dîner chez l’habitant. Tajine d’agneau, pain chaud, dattes fraîches. Simple et parfait.
Jour 2 : Au petit matin, visite de la palmeraie de Zenaga à pied ou à dos d’âne. Les palmiers, le bruit de l’eau, les rigoles discrètes des foggaras suffisent à poser une atmosphère. À midi, pique-nique à l’ombre. L’après-midi, visite chez les artisans locaux. Fin de journée sur les hauteurs d’Oulad Slimane, face au coucher de soleil.
Jour 3 : Pour une expérience plus inattendue, direction la piscine municipale d’eau chaude. Un bain simple, local, efficace. Puis quelques achats au marché avant le départ.
🧭 Infos pratiques
- Y aller : Depuis Oujda, comptez six heures de route via Bouarfa ou 470 km depuis Merzouga. L’état de la route est correct, mais le trajet long. Une nuit d’étape à Bouarfa peut être utile.
- Dormir Les options sont simples. Dar Al-Fouara : une maison d’hôtes simple, propre, avec un toit-terrasse qui donne sur les palmiers. On peut aussi loger chez l’habitant. Pas de déco travaillée, pas de confort moderne, mais une hospitalité sincère. Et un petit coup de pouce pour faire tourner la ville !
- Manger Les meilleurs plats se partagent autour d’une table familiale. Tajines, r’ghayef cuiisinés au feu de bois et dattes fraîches. Le pain est toujours chaud. Pour une pause gourmande, la boulangerie centrale est connue pour ses galettes… parfois fourrées.
- Réseau : Correct mais fluctuant dans certains ksour.
- Climat : Très chaud en été. Préférez le printemps ou l’automne.

Journaliste lifestyle, passionnée par l’histoire, le voyage et l'automobile, Khadija Dinia explore le monde à travers ses routes, ses hôtels et ses visages, toujours en quête de sens. Première femme à présider le COTY Maroc (Car of the Year), elle raconte le Maroc dans sa beauté, avec la conviction que savoir d’où l’on vient aide à mieux comprendre ce que l’on devient.
- Khadija Dinia
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