On en parle partout, on le rate souvent. Le microblading est l’une des prestations les plus demandées et les plus mal comprises de la beauté du regard. Entre résultats douteux, praticiens autoproclamés et promesses non tenues, difficile de s’y retrouver. Roxanne Blancher, face designer à Casablanca, démêle tout sans langue de bois.
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Le microblading, on le reconnaît trop souvent au premier coup d’œil et c’est bien le problème. Roxanne Blancher, face designer à Casablanca depuis 2018, a bâti toute sa pratique sur l’idée inverse. Un bon résultat doit passer inaperçu. Formée à Paris à l’Atelier du Sourcil, où elle a gravi les échelons jusqu’à diriger deux boutiques, elle a mis quinze ans d’expérience au service d’une seule obsession : le naturel.

Le microblading, ni tatouage ni dessin au feutre
Le microblading appartient à la grande famille du maquillage permanent, mais s’en distingue par sa promesse : reproduire le poil, combler les vides. « On crée un dessin de poil ultra-réaliste sur la peau, explique Roxanne. On ne remplit pas complètement. C’est ce qui le rend plus léger et lui permet de mieux évoluer dans le temps. » La durée de tenue varie entre un an et cinq ans selon les peaux, la quantité de pigment insérée, et la réponse individuelle de chaque cliente. Autant dire que l’équation est personnelle.

Qui peut en bénéficier… et qui doit attendre
La technique est accessible à la grande majorité des femmes. Les vides, les asymétries, les sourcils clairsemés, c’est précisément là que le microblading révèle tout son potentiel. Les contre-indications existent néanmoins. Les personnes sous anticoagulants, celles qui cicatrisent difficilement en raison d’une maladie ou d’un traitement et les femmes enceintes ou allaitantes sont invitées à reporter. « Il n’y a pas encore eu d’études sur ces profils-là, précise Roxanne. La prudence s’impose. »

Bien choisir sa praticienne… et savoir fuir
C’est peut-être la partie la plus délicate. Les réseaux sociaux regorgent de portfolios impeccables. Trop, parfois. « Il est très facile de publier des photos qu’on n’a pas réalisées », avertit Roxanne. Son conseil : privilégier la recommandation directe, celle d’une personne qui a elle-même subi la prestation et exiger un dessin au crayon avant toute décision. Les signaux d’alarme sont clairs. Photos douteuses, tarifs anormalement bas et une praticienne qui insiste face à une cliente hésitante. « Une bonne professionnelle préfère repousser la séance si elle sent que la cliente n’est pas prête. »
Une technique pensée pour disparaître
Roxanne le dit sans détour : le microblading est trop souvent exécuté avec une intensité qui trahit la promesse initiale. « La promesse vendue n’était pas tenue. » Après des années de formation auprès de multiples spécialistes, Roxanne a développé sa propre approche, un syncrétisme technique visant un rendu imperceptible. La première séance est systématiquement ultra-naturelle, quitte à renforcer l’intensité lors de la retouche si la cliente le souhaite. « Je garantis du très naturel. Pour plus de soutenu, on en parle à la deuxième séance. »
Des pigments européens : une question de législation
Le choix des produits n’est pas anodin. Roxanne importe ses pigments d’Europe, et pour une raison précise : l’Union européenne applique les normes les plus strictes au monde en matière de composition des pigments, devant les États-Unis, le Canada et les pays d’Asie. « Il y a encore deux ans, on a dû jeter des stocks entiers parce que de nouveaux produits avaient été retirés du marché. On est aujourd’hui sur des formules quasi pures. » La rigueur réglementaire se ressent jusque sur la peau.
Une heure, une semaine, une retouche
La séance chez Roxanne dure environ une heure. Elle commence par un dessin au crayon, « toujours plus foncé que le résultat final, il faut le savoir » pour permettre à la cliente de se projeter. La douleur est minime. La cicatrisation demande cinq jours pendant lesquels on évite l’eau, les crèmes et l’exposition solaire directe, en protégeant la zone avec un chapeau ou une casquette. Une retouche, incluse dans le budget, est prévue trois semaines plus tard. Le protocole se répète, à intensité ajustée selon les résultats de la première séance.


Le seul conseil qui compte
À celles qui hésitent encore, Roxanne ne cherche pas à convaincre. Elle invite à venir poser les questions, à entendre les réponses en toute franchise, y compris celle-ci : le microblading peut laisser des traces quasi permanentes dans la peau. « D’où l’intérêt de commencer par de l’ultra-naturel. Le vieillissement dans la peau se fera joliment. » Mais si, après tout ça, l’hésitation persiste, sa réponse est simple : « C’est qu’on n’est pas prête. Et dans ce cas, il ne faut pas le faire. »
Instagram : @roxannefacedesigner
Journaliste lifestyle, passionnée par l’histoire, le voyage et l'automobile, Khadija Dinia explore le monde à travers ses routes, ses hôtels et ses visages, toujours en quête de sens. Première femme à présider le COTY Maroc (Car of the Year), elle raconte le Maroc dans sa beauté, avec la conviction que savoir d’où l’on vient aide à mieux comprendre ce que l’on devient.
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